FIN DU MONDE ET FIN DU MOIS : comment concilier les deux ?
#70. ♻️ J'ai lu le dernier rapport EAT LANCET. Et je vous donne la crème de la crème.
🍀 On vous a transféré cette newsletter ? C’est votre jour de chance ! Charly's Kitchen, c'est le bon endroit pour mieux manger sans prise de tête.🧏♂️ Je consulte en visio et j’ai écrit le livre le + complet et décalé sur notre rapport à la bouffe! Hâtez-vous, filez doux sur la page “Commencez-ici” pour télécharger votre e-book de bienvenue sur les collations gourmandes ! 👋 Dans cette édition, vous apprendrez :
✅ Les 5 chiffres du rapport EAT-Lancet 2025 qui bousculent notre vision de l’alimentation
✅ Pourquoi transformer nos systèmes alimentaires, c’est (aussi) transformer nos quotidiens
✅ Ce que vous pouvez changer dans votre assiette pour impacter vraiment (sans virer extrême)
Mood de la semaine…
Connecté. A la nature, à l’humain, à moi. J’ai passé une semaine chez Laurence Haurat, aka @la_psy_des_kilos sur les internet. Du calme, des vues longues, du vert et des nuances de brun sur les manteaux de feuilles. Et des chats.
On a beaucoup bossé pour produire du contenu profond, drôle, décalé, non agressif et non injonctif sur les réseaux sociaux. La prochaine fois, je resterai plus longtemps, car j’avais aussi besoin de ne rien faire. Et de manger de la brioche au goûter.
Avec Laurence, on a conçu une belle Masterclass le 29/10 à 19H30 : Automne équilibre. En live ! L’idée, c’est vraiment de mieux réguler son poids, aborder l’hiver, diminuer la charge mentale des repas et mieux s’écouter dans les moments conviviaux et festifs. J’ai trop hâte !
Pour s’inscrire, c’est par ici :
Hum, j’ai un mois de retard sur l’édition d’automne, ouverte à toutes et tous. Je n’oublie pas ma promesse : une saison, une édition offerte !
Le meilleur moyen de soutenir mon travail à l’année et de rester solidement informé.e des avancées en nutrition et psychonutrition, c’est de s’abonner ! Comme ça, vous pouvez me poser vos questions et je vous réponds dans un chat privé.
Alors alors….
J’ai lu 5 chiffres récents qui m’ont retourné le cerveau :
Moins de 1 % de la population mondiale se trouve dans espace « sûr et juste » où l’on mange suffisamment sans dépasser les capacités de la planète,
les 30 % les plus riches sont responsables de plus de 70 % des impacts environnementaux.
un changement global vers un régime riche en végétaux pourrait éviter jusqu’à 15 millions de morts prématurées chaque année
les systèmes alimentaires actuels sont responsables d’environ 30 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre
Transformer les systèmes alimentaires pourrait réduire ces émissions de plus de 50% !
Wahou… je me suis dit “‘édition fin du mois/fin du monde”, on se retrousse les manches.
Le contexte (en court) : Le rapport EAT‑Lancet publié le 3 octobre dernier, dont sont issus ces 5 chiffres.
Le contexte : (+ long) : Le programme EAT‑Lancet est le fruit d’un partenariat entre la revue médicale The Lancet et l’ONG norvégienne EAT, dont la mission est de rapprocher science, société civile et décideurs pour concevoir des systèmes alimentaires sains, justes et respectueux des limites planétaires.
Et ça, on aime, car sinon, dans quel monde Vuitton ?
La Commission EAT‑Lancet 2019 a publié un rapport historique intitulé Food in the Anthropocene qui proposait un « régime de santé planétaire » : doubler la consommation de fruits, légumes, noix et légumineuses et réduire de plus de 50 % les viandes rouges et le sucre, ce qui pourrait prévenir environ 11 millions de décès par an. Pas mal non ?
En 2025, une seconde commission EAT‑Lancet réunit plus de 70 experts et met à jour ce régime ; elle intègre de nouvelles données climatiques et sociales, utilise des modèles globaux pour montrer comment nourrir 10 milliards de personnes dans les limites planétaires, et place la justice (salaires décents, accès à une alimentation saine) au cœur de ses réflexions.
Je l’ai lu, ce fameux rapport, et je vous l’ai “traduit” en recos pratiques, directement applicables chez vous ! C’est parti !
1️⃣ Augmenter la part de végétal
Pourquoi ? Selon le rapport 2025, manger davantage de légumes, légumineuses, céréales complètes et fruits et moins de viande permettrait de réduire de moitié les émissions de gaz à effet de serre du secteur alimentaire tout en prévenant jusqu’à 15 millions de décès prématurés par an. Ces aliments sont aussi moins chers que la viande : une étude d’Oxford montre qu’un régime végétarien peut réduire de 14 % à 33 % la facture alimentaire par rapport au régime occidental.
Ce que ça implique : de composer vos repas autour de légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots), de céréales complètes (riz, pâtes, quinoa d’Anjou, sarrasin), de fruits et légumes variés et d’une petite portion de noix ou graines (noix, noisettes, graines de courge ou de lin).
Ce que vous pouvez faire : remplacez un aliment riche en protéines animales, par un aliment riche en protéines végétales. Ex : curry protéiné (recette ici). Une fois par semaine, pour débuter. Et + si affinités.
2️⃣ Réduire la consommation de viande et de produits laitiers
Pourquoi ? La viande et le lait sont parmi les aliments les plus émetteurs de gaz à effet de serre. Le rapport 2025 montre qu’atteindre la « planetary health diet » nécessiterait de diminuer la production animale de 22 % à 27 %. Réduire sa consommation permet donc de diminuer l’empreinte carbone, de dégager du budget pour des produits de meilleure qualité et d’améliorer sa santé (et aussi, diminuer sa consommation de graisses saturées, édition 100 % concrète avec des recos précises ici).
Ce que ça implique : de limiter la viande rouge à 500 g par semaine (3‑4 steaks ), limiter la charcuterie à 150 g /semaine (ça, ce sont les recos françaises, soit 3 tranches de jambon) et privilégiez la volaille bio ou les œufs de catégorie 0 si possible.
*et le boeuf issu de mode d’élevage non intensif, Charly ? (sur les réseaux asociaux, on m’aurait clairement posé la question autrement !)
Je mets de côté l’aspect éthique. Je…
Enfin, non. Cette phrase, elle est devenue compliquée à dire pour moi, au fil des années. Comme si ça elle n’avait aucune conséquence. J’ai besoin de le dire :
en France, 3 millions d’animaux terrestres (et 200 000 animaux aquatiques, d’élevage) sont tués chaque jour, soit environ 1 milliard par an. Je ne sais pas si on se rend vraiment compte de ce que cela représente. De ce que ça veut dire. Moi, ça me fait froid dans le dos.
En France, le bœuf issu d’élevage intensif et celui élevé en pâturage présentent des profils environnementaux très différents. Le premier est plus efficace par kilo de viande produit, avec une croissance rapide et donc un impact climatique légèrement moindre à court terme. En revanche, il dépend fortement du maïs et du soja importé, ce qui augmente sa déforestation importée, sa consommation d’eau bleue1 et ses émissions d’ammoniac. Le bœuf pâturant, lui, émet un peu plus de méthane, mais compense en partie grâce au stockage de carbone des prairies permanentes. Il soutient aussi la biodiversité, limite les intrants chimiques, et valorise des sols non cultivables. Sa viande contient davantage d’oméga-3 et un goût plus riche. En somme, le pâturage offre une empreinte écologique plus équilibrée et locale, mais demande plus d’espace et de temps. Pour le/la mangeuse qui a vraiment du mal à se passer de viande, la voie la plus durable reste d’en manger moins, mieux choisie, issue d’élevages herbagers français…et de tenter des légumineuses trempées et mixées dans un premier temps, selon sa tolérance digestive !
Ce que vous pouvez faire : variez en remplaçant chaque semaine une ou deux portions de viande par du tofu et des protéines de soja texturées. C’est ce qui se rapproche le + de la Valeur Nutritionnelle (VN) de la viande. Je bosse actuellement sur des recettes simples et ultra gourmandes pour vous !
3️⃣ Choisir des fruits et légumes de saison et locaux
Pourquoi ? Bon, hum, depuis le temps, vous savez pourquoi. Fraises et tomates en hiver, on a donné !
Ce que ça implique : de “go” surgelés si vraiment vous avez vraiment envie d’aubergines et de courgettes hiver !
Ce que vous pouvez faire : franchement, vous le faites beaucoup déjà ! Prolonger l’été (le guide ici), choper des produits de saison et locaux. Personnellement, le fonctionnement de l’AMAP (Association pour le maintien d’une Agriculture Paysanne) est trop contraignante pour mon mode de vie. Sur la plateforme “frais & local”, créée en 2021 par le gouvernement (oui, à l’époque, nous avions un gouvernement stable), vous pouvez trouver près de chez vous des produits agricoles en vente directe.
4️⃣ Planifier ses menus et éviter le gaspillage alimentaire
Pourquoi ? Le rapport insiste pas mal là-dessus. En France, environ 30 kg de nourriture par personne et par an sont jetés, dont 7 kg encore emballés, soit environ 100 € gaspillés par personne. Réduire ce gaspillage économise de l’argent et diminue les émissions liées à la production et à la gestion des déchets.
Ce que ça implique : de la f*ckin’ charge mentale ! En vrai, un peu. Si vous êtes en couple, ça, ça aide : “viens, on partage la charge mentale des repas (dire dire dire). On prend 30 minutes pour faire 5 menus + la liste d’ingrédients qui va avec”.
Ce que vous pouvez faire : vous inspirer de mes éditions sur les 5 repas prêts en 60 minutes, sur les 27 repas de la flemme quand on n’a pas d’énergie, et des tips pour diminuer la charge mentale.
5️⃣ Cuisiner maison et limiter les aliments ultra‑transformés
Pourquoi ? Les aliments ultra‑transformés sont souvent plus chers au kilo et peu nutritifs (au sens de nutriments & micronutriments, car niveau plaisir en bouche, ça se discute). Cuisiner maison réduit les emballages, permet de maîtriser les quantités de sucre et de matières grasses. Cela favorise aussi les relations sociales (repas partagés) et évite de recourir à la livraison, qui génère des émissions supplémentaires.
Ce que ça implique : de cuisiner + . De faire des meal prep ou du Batch cooking, de…
Sans blague ?
Pour moi, c’est un peu le “défaut” de ce type de rapport. Bien sûr que oui, préparer des soupes, des gratins de légumes plutôt que d’acheter des plats prêts à l’emploi, oui oui oui… cuisiner en grande quantité le week‑end (riz, légumes rôtis, sauces) et assembler des repas rapides durant la semaine, 1000 fois oui…
Mais pour moi, ça n’engage que moi, il manque la dimension “politique et sociétale” dans ce rapport, bien qu’il évoque des salaires décents, des pratiques agricoles plus vertueuses etc, il reste… dans le cadre du marché.
Le rapport EAT-Lancet 2025 parle d’adapter, d’accélérer, de “transformer les systèmes alimentaires”… mais sans jamais nommer le système économique qui les sous-tend.
D’une part, on ne réparera pas la planète avec les outils du système qui l’a détruite.
D’une part, nous, les individus occidentaux, en tous cas, ceux qui ont la chance de manger à leur faim, on galère avec tellement d’injonctions liés à la culture du productivisme, de la performance et du dev perso façon “meilleure version de soi”, que, ben, le week-end, on est crevés, on veut du temps, on veut de l’espace, on veut retrouver notre rythme, notre vie douce.
On veut du nous.
Donc, parfois, 2 h de cuisine, ça saoule. ça peut saouler, en tous cas.
Voilà, clap de fin de cette édition sur les questions de “je fais ma part dans les questions climatiques”. Vous n’êtes pas obligé.e de mener tous les combats en même temps (énergie, transports, alimentation, loisirs, voyages…). Il y a tant à faire. Je suis bien curieux de vous retours : que faites-vous déjà depuis des années? Qu’est-ce qui bien ancré ? Quels sont points de friction qui vous bloquent encore un peu ? Discutons-en ensemble !
N’oubliez pas de mettre un petit ❤️ sur ce post pour m’indiquer que vous l’avez bien lu/parcouru. C’est important pour moi.
Bel appétit de vivre !




